Le coût des soins médicaux progressera de 10,3 % dans le monde en 2026. C'est la troisième année consécutive à 9,5 % ou plus, selon l'enquête annuelle de WTW menée auprès de 346 assureurs santé dans 82 pays. Une seconde étude, conduite indépendamment par Mercer Marsh Benefits auprès de 268 assureurs, arrive à la même conclusion : la barre des 10 % sera franchie dans la plupart des régions, pour la sixième année de suite. Pour un expatrié, cette statistique n'est pas abstraite : elle éclaire pourquoi une cotisation peut augmenter à garanties identiques.
Ce que mesurent ces enquêtes
Le « taux de tendance médicale » n'est pas l'inflation générale. Il mesure la progression du coût des soins pris en charge par les assureurs santé. Selon Mercer Marsh Benefits, il combine trois effets : l'inflation, l'évolution du recours aux soins, et la transformation des traitements eux-mêmes.
| Année | Taux de tendance médicale mondial |
|---|---|
| 2024 | 9,5 % |
| 2025 | 10,0 % |
| 2026 (projeté) | 10,3 % |
WTW, 2026 Global Medical Trends Survey. Enquête menée en juin et juillet 2025 auprès de 346 assureurs santé couvrant 82 pays, complétée par les courtiers WTW dans 54 pays, soit 91 pays au total.
Ces trois taux, composés entre eux, représentent une progression d'environ 33 % du coût des soins en trois ans. Cette arithmétique est de notre fait, elle ne figure pas dans l'étude. Elle décrit le coût des soins, pas la cotisation que vous payez : un assureur ne répercute pas mécaniquement la totalité de la tendance, et d'autres facteurs entrent dans un tarif, à commencer par l'âge de l'assuré.
La hausse dépend de la région où vous vivez
C'est le point le plus utile de l'étude. La moyenne mondiale masque des écarts importants.
| Région | Tendance médicale 2026 |
|---|---|
| Asie-Pacifique | 14,0 % |
| Amérique latine | 11,9 % |
| Moyen-Orient et Afrique | 11,3 % |
| Amérique du Nord | 9,2 % |
| dont États-Unis | 9,6 % |
| Europe | 8,2 % |
WTW, 2026 Global Medical Trends Survey, projections 2026 par région.
En Asie-Pacifique, le coût des soins progresse environ 1,7 fois plus vite qu'en Europe. Précisons ce que ce chiffre dit et ne dit pas : il mesure un rythme de progression, pas un niveau de prix. Une région où les coûts augmentent vite peut rester moins chère en valeur absolue qu'une région où ils augmentent lentement. Les deux études portent sur la tendance, elles ne comparent pas les niveaux de prix entre pays.
Cette réserve faite, la conséquence pratique demeure : comparer deux contrats sur le seul tarif de la première année ne renseigne que sur une photographie, pas sur la trajectoire.
Pourquoi les estimations varient d'une étude à l'autre
Un chiffre de tendance médicale n'a de sens qu'avec sa méthode. Les États-Unis en donnent une bonne illustration : selon l'étude consultée, la projection 2026 va de 7,5 % à 9,6 %.
| Étude | Projection 2026, États-Unis | Panel interrogé |
|---|---|---|
| WTW | 9,6 % | Assureurs santé, périmètre mondial |
| PwC, contrats collectifs | 8,5 % | 24 actuaires de régimes américains |
| PwC, marché individuel (ACA) | 7,5 % | 24 actuaires de régimes américains |
WTW, 2026 Global Medical Trends Survey, et PwC, Behind the Numbers 2026. Le panel PwC couvre plus de 125 millions d'assurés en contrat collectif d'employeur et 12 millions d'assurés du marché individuel ACA.
Ces écarts ne se contredisent pas, ils mesurent des choses différentes : un panel d'assureurs internationaux d'un côté, des actuaires de régimes de santé américains de l'autre, avec des portefeuilles et des définitions distincts. Nous citons ces trois valeurs plutôt qu'une seule, parce qu'aucune n'est « le » chiffre américain.
La leçon vaut au-delà des États-Unis : un taux de tendance médicale est un ordre de grandeur, pas une mesure exacte. Ce qui est robuste, c'est la convergence de plusieurs études indépendantes sur une direction et une amplitude, pas la décimale de l'une d'entre elles.
Ce qui pousse les coûts vers le haut
Les deux études convergent sur les postes responsables, ce qui renforce leur crédibilité puisqu'elles ont été menées séparément.
Chez WTW, les assureurs désignent trois familles de pathologies comme les plus coûteuses et les plus dynamiques :
| Pathologie | Part des assureurs qui la citent |
|---|---|
| Cancers | 57 % |
| Maladies cardiovasculaires | 50 % |
| Santé mentale et troubles du comportement | 37 % |
WTW, 2026 Global Medical Trends Survey.
Mercer Marsh Benefits identifie de son côté le cancer, les maladies de l'appareil circulatoire et les troubles musculosquelettiques comme les premiers postes de dépense. L'étude ajoute un facteur moins attendu : les risques professionnels, notamment l'intensité du travail et l'exposition au bruit et à la pollution de l'air, apparaissent désormais comme des contributeurs significatifs à la hausse des sinistres.
Les forces qui jouent en sens inverse
Présenter uniquement les facteurs de hausse donnerait une image incomplète. L'étude PwC, sur le marché américain, identifie aussi des facteurs de baisse qui freinent la tendance.
Les biosimilaires arrivent en tête pour la troisième année consécutive : ces équivalents de médicaments biologiques, moins chers, se diffusent à mesure que de nouveaux sont autorisés. Second levier, la gestion du parcours de soins par les organismes payeurs, qu'il s'agisse du contrôle de la pertinence des actes, des revues de facturation ou du suivi des prescriptions, désormais outillée par l'intelligence artificielle.
C'est d'ailleurs ce qui explique un chiffre du paragraphe précédent : si 76 % des assureurs se disent préoccupés par les soins inefficients, c'est aussi parce qu'ils y voient leur principale marge de manœuvre. PwC note enfin que la tendance américaine reste à 8,5 % pour la troisième année de suite : sur ce marché, le mouvement ressemble davantage à un palier élevé qu'à une accélération.
Les angles morts de la couverture
L'étude Mercer Marsh Benefits pointe un décalage instructif : la santé mentale figure parmi les postes cités comme les plus dynamiques, mais reste inégalement couverte.
| Prestation de santé mentale | Part des assureurs qui l'incluent |
|---|---|
| Accompagnement psychologique | 50 % |
| Médicaments | environ un tiers |
| Dépistage | environ un quart |
Mercer Marsh Benefits, Health Trends 2026. Enquête menée en juin et juillet 2025 auprès de 268 assureurs sur 67 marchés, hors États-Unis.
Autrement dit : un assureur sur deux n'inclut pas l'accompagnement psychologique, deux sur trois n'incluent pas les médicaments, et trois sur quatre ne couvrent pas le dépistage. Ce sont trois garanties distinctes : la présence de l'une n'implique pas celle des autres. C'est un point à vérifier explicitement dans un contrat plutôt qu'à présumer.
L'étude relève enfin que 76 % des assureurs se disent préoccupés par les soins inefficients, c'est-à-dire des actes redondants ou évitables qui alimentent la hausse sans bénéfice pour le patient.
Ce que vous pouvez en faire concrètement
- Ne comparez pas un devis ancien avec un devis actuel sans tenir compte de la tendance. À garanties strictement identiques, le coût des soins sous-jacent a progressé d'environ 33 % entre 2024 et 2026. Un contrat qui a augmenté n'a pas nécessairement dérivé.
- Regardez le rythme de votre région, pas seulement votre prime. Une couverture en Asie-Pacifique s'inscrit dans une trajectoire de coûts plus rapide qu'en Europe.
- Vérifiez la santé mentale, ligne par ligne. Accompagnement, médicaments et dépistage sont trois garanties séparées, et la moitié au moins des assureurs en excluent une ou plusieurs.
- Lisez les conditions d'entente préalable de votre contrat. Les connaître avant une hospitalisation évite l'avance de frais et les refus de prise en charge.
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Faire comparer ma couverture santé internationaleCe que ces chiffres ne disent pas
Une précision s'impose. Ces deux enquêtes interrogent des assureurs sur le coût des soins qu'ils remboursent, dans le cadre de contrats santé majoritairement souscrits par des employeurs. Elles ne mesurent ni l'évolution des primes individuelles, ni ce que paiera un expatrié donné. Nous n'avons pas trouvé d'étude publique équivalente portant spécifiquement sur les contrats santé internationaux souscrits à titre individuel.
Elles ne comparent pas non plus les niveaux de prix entre pays : une tendance à 14 % ne signifie pas que les soins y sont plus chers qu'ailleurs, seulement qu'ils y augmentent plus vite.
Ce qu'elles établissent en revanche solidement, parce que deux méthodologies indépendantes y parviennent séparément, c'est la direction et l'ordre de grandeur : le coût des soins augmente dans toutes les régions étudiées de plus de 8 % par an, et cette dynamique dure depuis six ans selon Mercer Marsh Benefits. Aucun contrat d'assurance santé ne peut rester durablement étranger à ce mouvement.
