Depuis le 15 septembre 2026, les ressortissants français entrent en Thaïlande sans visa pour 30 jours, et non plus 60. La mesure a été publiée au Journal officiel thaïlandais le 31 août 2026 et met fin au régime de 60 jours en vigueur depuis juillet 2024. Elle concerne une soixantaine de pays et territoires, dont la France, la Belgique et la Suisse.

Le changement paraît anodin. Il ne l'est pas : il modifie la façon de construire un voyage de plus d'un mois, il limite une pratique courante chez les voyageurs au long cours, et il crée un décalage auquel presque personne ne pense entre la durée que vous êtes autorisé à rester et la durée que vous avez assurée.

Ce qui change exactement

  • Durée : 30 jours sans visa, contre 60 auparavant.
  • Motif : tourisme uniquement.
  • Date d'effet : entrées à compter du 15 septembre 2026.
  • Si vous étiez déjà sur place : les voyageurs entrés avant cette date conservent la durée qui leur avait été accordée. La règle ne s'applique pas rétroactivement.

Les autorités thaïlandaises justifient la mesure par la volonté d'adapter le régime d'exemption aux conditions actuelles, en tenant compte de la sécurité nationale, de l'économie, du tourisme et de la prévention des abus du dispositif sans visa.

L'extension de 30 jours existe, mais ce n'est pas un droit

Une prolongation d'un maximum de 30 jours supplémentaires peut être demandée sur place auprès d'un bureau de l'immigration, moyennant des frais de 1 900 bahts. Un séjour de 60 jours reste donc possible, mais en deux temps et avec une démarche à effectuer sur place.

La nuance est décisive : cette prolongation est accordée à l'appréciation de l'agent d'immigration. Elle n'est pas automatique, et aucun texte ne vous en garantit le bénéfice. Construire un voyage de 45 ou 50 jours en comptant dessus revient à faire dépendre la fin de son séjour, son billet retour et son hébergement d'une décision qui n'est pas acquise.

Concrètement, si vous savez déjà que vous resterez plus de 30 jours, la voie prudente consiste à demander un visa avant le départ plutôt qu'à miser sur l'extension.

Le point qui passe inaperçu : les frontières terrestres

Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères précise que seuls deux passages de frontière sans visa par année civile sont autorisés.

Les arrivées par voie aérienne ne sont pas comptabilisées dans ce plafond, mais l'agent d'immigration conserve la faculté de refuser l'entrée à un voyageur qui enchaîne les séjours touristiques.

Cette limite vise directement le visa run : l'aller-retour vers le Laos, le Cambodge ou la Malaisie pour obtenir un nouveau tampon et repartir pour une période complète. La pratique était déjà encadrée, elle devient franchement contraignante maintenant que chaque entrée ne vaut plus que 30 jours. Deux entrées terrestres par an, à 30 jours chacune, ne construisent pas une année en Thaïlande.

Ce que coûte un dépassement

Rester au-delà de la durée autorisée expose à une amende de 500 bahts par jour de dépassement, plafonnée à 20 000 bahts, réglée à l'immigration au moment de quitter le territoire. Au-delà d'une certaine durée, l'overstay entraîne également une interdiction de retour sur le territoire, dont la longueur augmente avec la durée du dépassement et varie selon que vous vous présentez spontanément ou que vous êtes contrôlé.

Le ministère français mentionne par ailleurs la possibilité d'une expulsion. Ce n'est pas un risque théorique : un dépassement, même de quelques jours, laisse une trace dans votre dossier d'immigration.

La carte d'arrivée numérique, à ne pas oublier

Indépendamment du visa, la Thaïlande impose depuis le 1er mai 2025 une carte d'arrivée numérique, la Thailand Digital Arrival Card (TDAC), qui a remplacé l'ancien formulaire papier TM6.

  • Elle est obligatoire pour tous les voyageurs étrangers, quel que soit le point d'entrée : aéroport, frontière terrestre ou port.
  • Elle doit être remplie dans les 72 heures précédant l'arrivée.
  • Elle est gratuite et se remplit sur le site officiel de l'immigration thaïlandaise, tdac.immigration.go.th. Méfiez-vous des sites intermédiaires qui facturent ce service.
  • Elle ne remplace pas le visa : elle s'y ajoute.

Rester plus de 30 jours : les options

  • L'extension sur place, dans la limite de 30 jours et sous réserve d'acceptation.
  • Un visa demandé avant le départ, en ligne. Prévoyez du délai : les demandes peuvent prendre plusieurs semaines, ce qui exclut de s'y prendre au dernier moment.
  • Le visa DTV si vous travaillez à distance : 5 ans en multi-entrées, 180 jours par entrée, prolongeables une fois sur place. C'est aujourd'hui l'option la plus souple pour une installation longue, et nous lui avons consacré un guide dédié.

Ce que ça change pour votre assurance

C'est l'angle mort de ce changement. La durée que vous assurez et la durée que vous êtes autorisé à rester ne sont plus la même chose, et l'écart dépend désormais d'une décision administrative prise sur place. Trois points méritent une vérification dans vos conditions générales avant de partir.

  • Les garanties s'arrêtent au terme de la période souscrite. Sur la plupart des contrats, les soins engagés après la date de fin ne sont plus pris en charge, même si le traitement a commencé avant. Si vous obtenez une extension de 30 jours mais que votre contrat n'en couvre que 30, le second mois n'est pas couvert, et c'est souvent le moment où l'on est le moins vigilant.
  • Les dates se modifient rarement après coup. Beaucoup de contrats n'acceptent une modification de dates ou une annulation que si la demande intervient avant la date d'effet. Souscrire 60 jours puis écourter ne donne pas nécessairement droit à un remboursement.
  • Un refus d'extension n'est pas un refus de visa. Certains contrats couvrent l'annulation du voyage en cas de refus de visa touristique par les autorités du pays, sous conditions. Un refus de prolongation une fois sur place est une situation différente, qui ne relève pas de cette garantie.

Deux réflexes, donc. Assurez la durée réellement autorisée plutôt que la durée espérée. Et vérifiez auprès de votre assureur si une prolongation de contrat est possible en cours de séjour, avant d'en avoir besoin : c'est une démarche simple quand elle est anticipée, impossible quand on est déjà hospitalisé.

Un rappel utile au passage : la couverture santé n'est pas exigée à l'entrée pour un séjour touristique en Thaïlande, mais le ministère des Affaires étrangères recommande fortement de souscrire un contrat couvrant la totalité du séjour. Les établissements privés thaïlandais demandent couramment une garantie de paiement ou une avance avant toute prise en charge.

Ce qu'il faut retenir

  • 30 jours sans visa depuis le 15 septembre 2026, tourisme uniquement, pour une soixantaine de nationalités dont la France.
  • Extension possible de 30 jours, à la discrétion de l'immigration, 1 900 bahts, sans garantie.
  • Deux passages de frontière terrestre sans visa par année civile.
  • Dépassement : 500 bahts par jour, plafond 20 000 bahts, plus une interdiction de retour possible.
  • Carte d'arrivée numérique obligatoire et gratuite, à remplir dans les 72 heures avant l'arrivée.
  • Au-delà de 30 jours, un visa demandé avant le départ est la voie sûre.
  • Alignez la durée de votre assurance sur la durée réellement accordée, pas sur celle que vous espérez obtenir.